2020 : Mes lectures de janvier

Pour ce premier mois de l’année, mes lectures m’ont transportée :

  • au Japon avec Le Meurtre du Commandeur d’Haruki MURAKAMI
  • au Liban avec Les Vies de Papier de Rabih ALAMEDDINE
  • en Italie avec Borgo Vecchio de Giosuè CALACIURA
  • dans la vie de Suzanne de Frédéric POMMIER
  • aux États-Unis avec Les Heures rouges de Leni ZUMAS

Livre Le meurtre du commandeur

Déroutant est le premier mot qui me vient, après avoir refermé ces livres. L’univers de Murakami est si particulier. Deux tomes composent ce Meurtre du Commandeur; ils sont portés par une écriture magnifique, une richesse de mots, de sens. C’est l’histoire d’un homme, qui après sa récente séparation, part vivre dans un coin reculé du Japon, dans la maison du père d’un ami, peintre célèbre. Il plane une part de mystères dans cette maison inoccupée depuis l’installation du père dans une maison de retraite. Un jour, le personnage principal découvre dans le grenier un tableau caché de tous, chef-d’œuvre non dévoilé, qui le fascine au-delà de l’entendement. Cette découverte est le point de départ d’une quête, qui l’emmènera aux confins du réel, sur un chemin mélant introspection, découvertes, souvenirs… C’est le sens que j’ai trouvé à ces deux livres, à cette histoire mais je suis certaine que d’autres ont compris autre chose. C’est le pouvoir des histoires de Murakami; chaque personne pourra y trouver sa propre signification. J’ai clairement préféré le second tome, beaucoup plus vivant. Ce n’est pas un énorme coup de coeur, comme l’avait été 1Q84 mais c’est une lecture qui m’a quand même captivée et tenue en haleine jusqu’à la dernière page.

 

Livre Les vies de papierJ’ai beaucoup aimé l’histoire d’Aaliya, dame d’un certain âge, libanaise, célibataire sans enfant, éloignée de sa famille, férue de lectures et de traductions, originale, dans un pays encore empreint de traditions et en pleine évolution, notamment sur la position de la femme dans sa société. Le style de Rabih Alameddine est très enlevé, mélant instants passés dans la vie de l’héroïne et de son pays et retours dans le présent. Je ne me suis pas ennuyée une seconde. Il y a des moments touchants, des moments drôles, des passages très émouvants, au service d’une histoire forte et pleine de sens. La fin est un petit bijou d’espoir. C’est une ode à la liberté, aux non-convenances, aux irrévérencieux et au courage d’une femme.

 

Livre Borgo Vecchio Borgo vecchio est une preuve supplémentaire, pour moi, de la richesse de la littérature italienne. Un quartier pauvre, de la violence, la difficulté d’une vie, qui ne fait pas de cadeau. L’amitié de deux gamins comme bouffée d’oxygène, une envie de s’en sortir, une envie de vivre. Quelle histoire, si belle et si triste à la fois. J’ai retrouvé dans ce petit récit le ton que j’aime : sans fioritures, pour coller à cette réalité crue, inexorable. A sa lecture, j’ai pensé aux romans de Roberto Saviano (Gomorra, Piranhas…), qui nous transportent dans cette Italie du Sud, plus populaire, qui me parle au coeur.

 

Livre Suzanne J’ai découvert Suzanne sur les réseaux sociaux. Ce petit-fils (Frédéric Pommier, l’auteur) écrivant l’histoire de sa chère grand-mère, pour attirer l’attention sur les conditions de vie de nos anciens, leur vieillesse et fins de vies en maisons de retraites, m’a immédiatement donné envie de lire ce livre. La vie de Suzanne défile sous nos yeux avec des parallèles incessants et difficiles, entre l’avant établissement spécialisé et l’après. Suzanne c’est la représentante de cette génération de femmes, celle de nos grand-mères, qui ont ouvert la voie, vers plus de considérations, de libertés, de droits pour nous. C’est la représentante de cette génération de guerrières, de pionnières. Sans grande surprise, j’ai donc beaucoup aimé ce livre, qui m’a fait penser à ma propre grand-mère, à notre relation, à tout l’amour et tout le respect que j’avais pour elle.

 

Livre Les Heures rougesCoup de coeur pour ce roman d’anticipation qu’est Les Heures Rouges ! Nous sommes aux Etats-Unis, demain, dans un pays où il est devenu illégal d’avorter, d’avoir un enfant si l’on est une femme, sans mari. On suit l’histoire croisée de quatre femmes, dans cette société nouvelle : Roberta, en mal d’enfants mais seule; Mattie, ado enceinte par accident, pleine de rêves d’avenir; Gin, guérisseuse, marginale, sorcière pour les esprits étriqués; Susan, mère de famille aux envies d’ailleurs. Ce roman est puissant, extrêmement addictif. Il dépeint une société archaïque, où certains décident de ce que les gens, et surtout les femmes, doivent être, privées de leurs libertés et du droit de jouissance de leurs corps. Je suis déstabilisée par ce type de roman (comme ceux de Margaret Atwood), éloignée de notre réalité, plus proche de la réalité de certaines. Restons vigilantes Mesdames, toujours, pour nos droits et la défense de celles qui en ont moins que nous.

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