2020 : Mes lectures de février

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Bye bye vitamines de Rachel Khong.

C’est l’histoire d’une fille, Ruth, trentenaire américaine, qui retourne vivre chez ses parents, à l’annonce de la maladie d’Alzheimer de son père. On suit sa vie, leur vie, pendant un an, sous la forme d’un journal intime, suivant l’évolution de la maladie en toile de fond. Comment lutter contre l’inexorable ? Comment conserver des souvenirs qui disparaissent au fil d’un court laps de temps ?

Ce roman m’a beaucoup plu car bien que traitant d’un sujet grave, il ne tombe jamais dans le pathos. L’écriture est moderne, directe, elle fait mouche. Elle touche au cœur, elle fait sourire, verser une larme aussi mais elle est surtout porteuse d’un message : ne perdez pas votre temps à créer des souvenirs qui s’envoleront peut-être, vivez pleinement l’instant.

 

img_5568Le tambour des larmes de Beyrouk

À la lecture des premières lignes de ce livre, j’ai su immédiatement que j’allais énormément l’aimer. L’histoire d’une fuite pour survivre, l’histoire de Rayhana qui quitte sa tribu, ses coutumes, pour rejoindre seule la ville.

Les mots de Beyrouk, auteur mauritanien, sont merveilleux, empreints d’une grande poésie, au service d’une histoire tragique, sans âge, d’une réalité si dure pour les femmes et particulièrement pour l’héroïne. Mon coup de coeur s’est prolongé jusqu’à la fin de ce récit, qui m’a énormément touchée et rappelé, même si je ne l’oublie pas, que n’avons pas encore toutes le droit de disposer de notre vie, de notre corps mais que notre esprit, lui, nous appartient toujours. 

 

img_5621Eva dort de Francesca Melandri

Ce roman m’a été offert par un très précieux ami, originaire de cette région italienne de l’Alto Adige; région que j’ai aimé lors d’un voyage de l’an passé et qui est au centre de ce livre. Au travers des mots d’Eva, la narratrice, nous suivons l’histoire de cet endroit, si particulier, marqué par l’histoire, à la recherche de l’acceptation de chacun, pour faire du multiculturalisme, une force. Nous la suivons dans une quête personnelle, qui nous conduit du Tyrol du Sud à la Calabre, à la découverte des contradictions, des différences du pays.

Vous dire que j’ai aimé ce roman serait trop faible, je l’ai adoré. J’ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas sur l’histoire italienne, j’ai aimé suivre le cheminement du récit entre présent et passé, j’ai été touchée par le personnage d’Eva et par ce voyage personnel, à la recherche d’une figure paternelle, au travers d’un pays qui ne peut pas laisser indifférent.

Eva dort est mon coup de coeur de février, vraiment.

 

CivilizationsCivilizations de Laurent Binet.

Et si Christophe Colomb n’avait pas découvert l’Amérique ? Et si les Incas avaient conquis l’Europe ?

Deux questions lancées à la face du monde et une histoire bien différente de celle que nous avons apprise nous est contée. J’ai eu du mal à entrer dans le récit, au début, et puis, au fil des pages, j’ai été conquise par cette vision des évènements, ce qu’il aurait pu se passer, si. Le roman de Laurent Binet fait évidemment se poser plein de questions, il nous remémore des faits et évènements historiques, il nous plonge dans un monde secoué par les guerres de religions, gouverné par quelques puissants; il évoque des temps anciens mais est tout à fait transposable à notre monde actuel et c’est ce qui est l’une de ses forces, à mon sens. 

 

VigileVigile de Hyam Zaytoun

Une centaine de pages suffit à rendre ce récit bouleversant, poignant et touchant. La force des mots, des sentiments porte l’histoire de cette femme, qui après avoir maintenu en vie l’être aimé, en lui faisant un massage cardiaque, l’accompagne pendant une semaine de coma, qui semble être une éternité. Cette lecture m’a secouée et elle restera longtemps dans ma mémoire, car elle est juste et sans chichis, sans volonté démesurée de faire pleurer ou d’émouvoir à outrance. La sobriété rend l’amour plus fort que tout, encore plus intense. Il faut absolument lire Vigile !

 

Madame Pylinska et le secret de Chopin d’Eric-Emmanuel Schmitt.E.E Schmitt

J’aurai voulu que cette histoire ne finisse pas…

L’auteur, enfant, n’aime pas le piano familial; instrument dont « joue » sa soeur. Un jour, à neuf ans, il entend sa tante adorée jouer un morceau de Chopin et il n’aura alors de cesse de tenter d’interpréter les oeuvres du compositeur polonais. Il rencontre Madame Pylinska, professeur de piano, pour tenter d’apprendre et de percer le secret que chaque pianiste tente de résoudre : comment bien jouer Chopin ?

Quatre-vingt dix pages de plaisir, de vie, d’amours musicales, de fantaisie, d’émotions. J’ai beaucoup aimé cette histoire autobiographique, charmante, qui parlera forcément aux pianistes (et non pianistes aussi !) amoureux de Chopin, dont je suis.

 

 

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